2 raisons pour lesquelles les enfants ne devraient pas être végétariens

par Raphaelle

Que les choses soient claires, je n’ai absolument rien contre les végétariens, bien au contraire. J’essaye moi-même de tendre vers le végétarisme. 
Dans cet article je vais exposer les 2 raisons majeures qui font que selon moi, les enfants ne devraient pas être végétariens, du moins pas les premières années de leur vie. 

Pourquoi devient-on végétarien quand on est adulte?

Il y a plusieurs excellentes raisons pour devenir végétarien : 

  • La compassion pour le sort tragique des animaux alors qu’aujourd’hui ce n’est plus un besoin vital de tuer pour s’alimenter
  • Les conditions d’élevage des animaux et la manière dont ils sont tués.
  • La protection de la planète est une autre bonne raison puisque l’industrie de la viande est ultra polluante.
  • On peut aussi choisir ce régime pour être en meilleure santé. Certaines études montrent que les végétariens ont moins de risque d’être atteint de maladie cardiovasculaire.

Il existe peut-être d’autres motivations, en tous cas ce qui est sûr c’est qu’en vivant en France (et dans de nombreux autres contrées), la viande et le poisson sont très ancrés dans notre culture. Devenir végétarien dans ce contexte est un véritable choix qu’il faut assumer. Cela nécessite donc d’être capable de raisonner, chose que les bébés ne sont pas encore capable de faire.


Mais ce n’est pas ce point que je souhaite développer ici. En effet, je vois 2 raisons majeures pour ne pas imposer le végétarisme aux bébés :

  • L’une est physiologique : la prévention des allergies alimentaires
  • L’autre psychologique : le risque de rejet du modèle parental

La raison physiologique : la prévention des allergies alimentaires

Sais-tu que les allergies alimentaires touchent entre 6 et 8% des enfants ? Heureusement, pour 80% de ces enfants, ces allergies disparaitront avant 7 ans. Cela n’empêche que pendant la période où ils sont allergiques, c’est très contraignant pour l’enfant et pour ses parents, sans parler des risques médicaux.


Jusqu’à récemment, on recommandait aux parents l’éviction totale des principaux allergènes pendant les premières années de l’enfant. Encore maintenant, certains parents attendent les 3 ans de l’enfant avant de lui proposer des produits à base d’arachide ou de fruits à coque. 


Pourtant, on sait depuis quelques années que l’introduction de ces allergènes entre 4 et 9 mois permettent de réduire le risque d’allergie. On parle de « fenêtre de tolérance ». Des études l’ont prouvé pour les oeufs et l’arachide. Quant aux autres allergènes, d’autres études sont en court et les résultats préliminaires semblent aller dans le même sens.


Il ne faut pas louper le coche, surtout quand on opte pour la DME (Diversification Menée par l’Enfant) et qu’on commence donc la diversification à 6 mois (ou un peu après).


A propos de DME, tu seras peut-être intéressée par mon article sur Les 8 avantages et 3 inconvénients de la DME.


Après avoir introduit de manière sécuritaire les principaux allergènes alimentaires, il faudra continuer à exposer l’enfant fréquemment à ces aliments – 3 fois par semaine si possible – pour maintenir la tolérance.


Voici la liste des 14 allergènes alimentaires majeurs, responsables de la grande majorité des allergies :

  1. Les poissons 
  2. Les crustacés
  3. Les mollusques
  4. Le gluten (blé, avoine, orge…)
  5. Le soja
  6. Le sésame
  7. Les fruits à coque (amande, noisette, noix…)
  8. Le lupin
  9. Le lait (et produits à base de lait)
  10. L’arachide (cacahuète)
  11. L’oeuf
  12. Le céleri
  13. La moutarde
  14. Anhydride sulfureux et sulfites

Note qu’on peut être allergique d’autres aliments. Ceux-ci sont les plus courants et doivent obligatoirement être signalés sur les étiquettes.


Dans la liste il y a donc plusieurs aliments d’origine animale, plutôt en provenance de la mer. Il me parait donc logique d’y exposer les bébés et enfants à répétition pour réduire le risque de développer une allergie. 


Attention, chaque poisson, crustacé ou mollusque doit être introduit individuellement, ce qui veut dire qu’on peut être allergique à l’un et pas à l’autre. Il est donc préférable d’introduire plusieurs types sans pour autant chercher à tous les introduire. Si vous introduisez les plus courants dans votre environnement (pays, famille) c’est le principal.


Quant aux viandes, les allergies sont très rares et semblent être plus courantes chez les personnes ayant été piquées par des tiques (pour les viandes rouges). Par précaution je préfère les introduire également. C’est un choix très personnel. 


En tous cas de mon côté je préfère offrir de la variété à mes enfants en incluant les produits d’origine animale certains midis. En grandissant ils comprendront pourquoi je préfère ne pas en manger, ce qui sera probablement source de discussion et de réflexion de leur côté.

La raison psychologique : le risque de rejet du modèle parental

D’après les psychologues, on a plutôt tendance à reproduire les comportements de nos parents. En effet, ils sont nos premiers modèles et ont un énorme impact sur ce que nous devenons. Par exemple, on sait que la plupart des gens votent comme leurs parents.


Cependant il y a la crise d’adolescence qui est une étape cruciale de remise en question des parents et qui peut être assez violente. C’est le moment où on prend du recul par rapport aux valeurs, exigences et habitudes des parents. Parfois on rejette tout en bloc et on préfère faire l’inverse de nos parents. C’est une manière de s’affirmer et de prendre son indépendance. 


Je me souviens avoir lu sur un forum qu’une femme mangeait n’importe quoi (fast-food, gâteaux…) parce que pendant son enfance ses parents étaient très stricts sur l’alimentation : pas sucre, des tonnes de légumes, jamais d’écart… Une fois qu’elle a eu son indépendance de jeune femme elle s’est ruée sur les nourritures interdites.


Si on écoute les principes de la Parentalité positive et bienveillante, il est question d’être à l’écoute des besoins de l’enfant et de lui donner un maximum de maitrise de sa vie, quand c’est possible. Il ne s’agit pas de tout autoriser, mais de choisir ses batailles pour ne pas être constamment dans la contrainte et du « fais pas ci, fais pas ça ». 


Mon approche est la suivante : je propose une grande variété d’aliments à mes enfants, y compris de la viande et du poisson. La sélection que je fais est équilibrée et de temps en temps, nous nous autorisons un petit écart comme une part de gâteau peu sucrée. 


Concernant les produits d’origine animale, je préfère qu’ils en consomment afin qu’ils se fassent leur propre opinion par la suite. En me voyant ne pas en manger, cela nous permettra de discuter de mon choix, qui deviendra peut-être le leur, un jour.


A quoi bon essayer de forcer notre enfant à prendre une direction puisque tôt ou tard il quittera le cocon familial et n’en fera qu’à sa tête. C’est d’ailleurs le principe de la parentalité : nous les accompagnons avec amour vers leur autonomie. 

Conclusion

Je suis convaincue qu’il faut tendre vers un régime végétarien tant pour la planète que pour notre santé. Quant à la condition animale, je pense personnellement qu’il est acceptable de consommer viande et poisson lorsque nous n’avons pas d’autre choix, pour notre survie. Dans notre société actuelle nous avons d’autres options. Si un jour le végétarisme devient la norme, nous pourrons nous poser la question de ne pas introduire ces allergènes chez nos enfants. En attendant, je pense qu’il est essentiel d’exposer nos bambins pour leur santé et aussi pour ne pas les contraindre dans un modèle parental qu’ils sont en droit de choisir pour eux-mêmes.

Photo par Gabriel Crismariu sur Unsplash

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