Prévenir les allergies alimentaires, c’est possible !

par Raphaelle
Fruits à coque et gluten comptent parmi les allergènes majeurs. Les introduire au bon moment permet de prévenir les allergies.

Des études on récemment montré qu’il était possible de prévenir les allergies alimentaires. Sais-tu que depuis quelques années, les recommandations en matière d’introduction des allergènes pendant la diversification alimentaire ont changé ? Même si le champ de l’allergologie reste encore assez flou, il est intéressant de se pencher sur le sujet afin de donner toutes les chances à nos enfants d’éviter les allergies alimentaires.


Avant, on préconisait de retarder l’introduction des allergènes. Je croise encore des parents qui attendent les 3 ans de leur enfant avant de donner des fruits à coque par exemple (amande, noisette etc.).  A chaque fois que j’échange avec des parents qui démarrent la diversification pour leur enfant, je leur demande quelles ont été les recommandations de leur pédiatre. Très peu d’entre eux sont au fait des dernières recommandations, ce qui m’étonne toujours.


Suivre les dernières recommandations permet de diminuer le risque d’allergie alimentaire, sachant qu’environ 8% des enfants et 3% des adultes sont touchés actuellement. Des chiffres qui sont plutôt à la hausse ces dernières années.


La vie d’une personne allergique est très compliquée. Cela a tendance à isoler les enfants et à compliquer la vie des parents car il faut faire attention à tout !

Autant mettre toutes les chances de son côté pour éviter ce problème, même si rien ne peut garantir qu’on n’aura pas d’allergie à un moment dans sa vie.


Les recherches récentes ont permis de comprendre deux choses cruciales :

  1. Il existe une « fenêtre de tolérance » entre 4 mois et 9 mois environ. Pendant cette période, il faut introduire les principaux allergènes afin de prévenir les allergies.
  2. Il ne suffit pas d’exposer l’enfant à un allergène une seule fois, il faut ensuite lui en faire consommer chaque semaine pour maintenir cette tolérance.

Dans cet article, je vais expliquer ces 2 points en détail ainsi que :

  • Quels sont les allergènes majeurs
  • Les allergènes émergents
  • Quels allergènes introduire
  • Comment introduire un allergène
  • Quand introduire les allergènes

AVERTISSEMENT

Je ne suis pas médecin, je suis une maman passionnée de nutrition et de diversification alimentaire qui lit beaucoup d’articles, de résultats d’études etc. Nous avons un terrain atopique dans ma famille, ce qui m’a amenée à me renseigner sur la question des allergies alimentaires. C’est un domaine où il subsiste beaucoup d’incertitudes à l’heure où j’écris cet article, en 2020. Je te transmets les dernières recommandations mais n’hésite pas à parler de tout cela avec ton médecin / pédiatre / allergologue.

Les fruits de mer comptent parmi les allergènes majeurs. Il faut les introduire au bon moment pour prévenir les allergies.
Photo by Frank Vessia on Unsplash


Introduire les allergènes majeurs pour prévenir les allergies

Il existe 14 allergènes majeurs qui font l’objet d’un étiquetage obligatoire sur la liste des ingrédients des produits vendus dans le commerce :

  1. Oeuf
  2. Lait de vache
  3. Soja
  4. Sésame
  5. Lupin
  6. Sulfites
  7. Gluten
  8. Fruits à coque
  9. Arachide
  10. Moutarde
  11. Céleri
  12. Crustacés
  13. Mollusques
  14. Poissons

En réalité il y en a beaucoup plus que 14 puisque chaque poisson, crustacé, mollusque et fruit à coque contient un allergène différent des autres.
En effet, on peut être allergique au saumon et pas au cabillaud, à l’amande et pas à la noisette.

Le kiwi, un des allergènes émergents
Photo de PhotoMIX Company provenant de Pexels

Les allergènes émergents

Comme s’il n’y en avait pas assez avec les 14 mentionnés ci-dessus, il faudrait également prendre en compte les allergènes émergents. Ceux-ci ne font pas (encore) l’objet d’un étiquetage obligatoire, même si l’ANSES milite dans ce sens (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail).
Les allergies à ces aliments ne sont pas si rares que ça, et les réactions sont souvent graves.
Liste des principaux allergènes émergents :

  • Le kiwi
  • Le sarrasin
  • Les laits de chèvre et de brebis
  • Le pignon de pin
  • L’alpha galactose
  • Les pois
  • Les lentilles

Au secours ! Trop d’allergènes !

Avant de paniquer, je te conseille de prendre la liste des allergènes et d’identifier ceux qui sont le plus couramment consommés au sein du foyer et dans le pays où tu vis. Il serait trop ambitieux d’essayer d’exposer ton bébé à TOUS les poissons et TOUS les mollusques par exemple. 

Quels sont ceux que vous consommez à la maison ? Par exemple si vous consommez des cacahuètes (arachide) il est important d’y exposer ton bébé car les particules de cacahuète sont très volatiles. Bébé sera donc exposé via sa peau, ce qui augmente le risque d’allergie. Seule l’exposition par voie orale a pour effet de diminuer le risque. 

Méthode d’introduction des allergènes

La méthode préconisée pour introduire les allergènes de manière sécuritaire est assez contraignante. Je te conseille de la suivre à la lettre, surtout s’il y a des allergies dans la famille. Le mieux est d’en discuter avec ta pédiatre ou même avec un allergologue si tu as des doutes. Ce dernier préconisera peut-être de faire un test cutané avant l’introduction de certains allergènes par exemple.


Voici la méthode d’introduction d’un allergène sécuritaire, sur 5 jours :

  • Le 1er jour, tu donnes une petite quantité de cet allergène à ton enfant. Par exemple, si tu choisis d’introduire l’oeuf, tu peux lui donner un morceau d’omelette si vous pratiquez la DME (diversification menée par l’enfant).
  • Le 2ème jour, en l’absence de réaction allergique, bébé pourra consommer encore de l’oeuf, dans une préparation de type muffin au légumes.
  • Le 3ème jour, s’il n’y a toujours pas de réaction allergique, tu pourras donner à ton bébé un morceau d’oeuf dur ou une autre préparation contenant de l’oeuf.
  • Les 4ème et 5ème jours, tu ne donneras ni oeuf, ni aucun autre allergène non testé.

Au bout de 5 jours, en l’absence de réaction allergique, tu peux considérer que le test est réussi. Ton bébé pourra continuer à consommer de l’oeuf, ce qui ne veut pas dire qu’il n’y sera jamais allergique. 
Pendant ces 5 jours, il est important de ne donner aucun autre allergène non testé car en cas de réaction, tu ne sauras pas lequel est en cause.

Dans mon prochain article je t’expliquerai :

  • Comment faciliter l’exposition récurrente aux allergènes afin de prévenir les allergies alimentaires
  • Les bébés à haut risque d’allergie
  • Si bébé n’est pas prêt à 6 mois pour la DME, comment introduire les allergènes de manière à prévenir les allergies alimentaires ?

Sources sur les allergies alimentaires et leur prévention

Liste des 14 allergènes majeurs (AFPRAL)

Allergies alimentaires : améliorer l’information pour prévenir les risques

DME et purée : quand et comment introduire les allergènes prioritaires

Lack G. Epidemiologic risks for food allergy. J Allergy Clin Immunol 2008;121:1331-6.

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